Niger : nuit sous tension à Niamey

Niamey a connu une nouvelle nuit de forte tension : des échanges de tirs et plusieurs explosions ont été signalés dans différents secteurs de la capitale entre vendredi soir et samedi matin, avec la base aérienne 101, située à proximité de l’aéroport international, de nouveau prise pour cible.

Des tirs entendus dans plusieurs quartiers

Des habitants font état de tirs nourris autour de l’installation militaire, tandis que d’autres rapportent des coups de feu sporadiques dans le quartier de Koira Kano, à l’ouest de la ville. Des témoignages relayés sur les réseaux sociaux mentionnent également des détonations dans le secteur administratif, où se trouvent notamment le palais présidentiel et les locaux de la télévision nationale, toujours à l’antenne au petit matin. Des véhicules blindés auraient par ailleurs été acheminés vers les environs de l’aéroport.

Aucune explication officielle

Les circonstances de ces incidents demeurent inconnues et les autorités n’ont encore livré aucune explication officielle samedi matin. Des relais favorables au pouvoir assurent toutefois que la situation est maîtrisée.

Cette nouvelle alerte intervient après deux précédentes attaques contre le complexe aéroportuaire cette année, attribuées à des groupes jihadistes rivaux : l’État islamique en janvier, puis le JNIM, branche sahélienne d’Al-Qaïda, fin juin.

Une base au cœur du dispositif militaire

L’assaut de juin avait fait treize morts, dont onze militaires et deux civils, malgré la riposte des forces nigériennes. La base 101 revêt une importance stratégique particulière : elle accueille notamment des éléments russes d’Africa Corps ainsi que le commandement de la force conjointe mise en place par le Niger, le Mali et le Burkina Faso au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Le Niger toujours confronté aux groupes armés

Depuis le coup d’État de juillet 2023, le Niger est dirigé par un régime militaire confronté à la persistance des attaques jihadistes, particulièrement dans la région de Tillabéri, aux confins du Mali et du Burkina Faso. Les trois pays sahéliens, désormais réunis au sein de l’AES, ont rompu avec leur ancien partenaire français et renforcé leurs liens avec Moscou, tandis que Niamey accuse régulièrement Paris de soutenir les groupes armés, ce que la France dément.

 

Ledeclic.info 

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