Féguifoot : l’heure du bon choix !

La prochaine élection à la tête de la Fédération guinéenne de football ne doit surtout pas être une élection de plus, mais celle de la rupture. Après des années de crise de leadership, de départs précipités et de destitutions successives, le football guinéen ne peut plus se permettre de confier son destin à un président choisi sur la base des affinités, des réseaux, des promesses ou des intérêts particuliers. L’enjeu dépasse largement les ambitions personnelles des candidats : il s’agit de restaurer la crédibilité d’une institution devenue trop souvent le théâtre de luttes de pouvoir, et de créer enfin les conditions d’une stabilité indispensable au développement du football national.

Les membres statutaires devront donc regarder au-delà des alliances de circonstance et poser la seule question qui vaille : qui possède réellement le profil, la vision, l’expérience, l’intégrité et la capacité de rassemblement nécessaires pour conduire la Fédération sur le long terme ? Le prochain président devra être un bâtisseur, pas un conquérant ; un arbitre, pas le chef d’un camp ; un homme de projet, et non le produit d’un système de relations.

Cette élection sera donc un test de responsabilité pour les électeurs eux-mêmes. Choisir un président, ce n’est pas seulement voter pour une personne : c’est décider de l’orientation du football guinéen pour les années à venir. Les membres statutaires doivent exiger de chaque candidat un projet réaliste, chiffré et assorti d’objectifs vérifiables sur la gouvernance, les compétitions nationales, la formation des jeunes, le football féminin, les infrastructures, l’accompagnement des clubs et la professionnalisation de l’administration fédérale. Ils doivent surtout privilégier celui qui est capable de dépasser les querelles du passé, de respecter les textes, de rendre des comptes et de travailler avec toutes les composantes du football, sans confondre Fédération et propriété personnelle. La Féguifoot n’a plus besoin d’un président élu pour quelques saisons : elle a besoin d’un président légitime, compétent et suffisamment rassembleur pour durer parce qu’il aura mérité la confiance, et non parce qu’il aura verrouillé des soutiens.

En octobre prochain, le véritable choix ne sera donc pas entre plusieurs candidats, mais entre la continuité d’un système qui s’essouffle et l’exigence d’un véritable renouveau.

 

I. Camara

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