Kindia : « nous n’avons plus de maison », l’appel des sinistrés

À Kindia, les opérations de libération des emprises de la voirie se poursuivent au quartier Gare. Informés en amont de l’intervention, plusieurs habitants disent avoir accepté le principe des travaux, mais se retrouvent désormais sans logement après l’extension des démolitions. En pleine saison des pluies, ils sollicitent l’aide des autorités pour faire face aux conséquences de l’opération.

« Aujourd’hui, nous n’avons plus de maison »

Mécanicien de profession, Sékouba Soumah fait partie des habitants directement touchés. Il affirme que les autorités avaient procédé, avant le début des travaux, à l’identification des bâtiments concernés. « Les autorités sont d’abord venues identifier les bâtiments concernés en les marquant avec des croix rouges. Par la suite, il nous a été expliqué à la mairie qu’une emprise de 12 mètres devait être respectée pour permettre la réalisation de la route. Nous avons accepté la décision et avons même procédé nous-mêmes à la démolition des parties indiquées », explique-t-il, avant d’ajouter : « les engins sont revenus pour continuer les démolitions et, aujourd’hui, nous n’avons plus de maison. Trouver un logement en pleine saison des pluies est extrêmement difficile et les loyers sont devenus hors de portée. Nous demandons au gouvernement de nous aider à nous reloger .»

Pour Bibatou Camara, citoyenne de la localité, leur inquiétude est ailleurs aujourd’hui. « Nous savons que c’est une décision des autorités et nous l’avons acceptée. Nous ne contestons pas les travaux, mais nous demandons simplement que l’État pense à ceux qui ont tout perdu. C’est le seul endroit où nous avons toujours vécu. Nous sollicitons une aide pour pouvoir nous réinstaller », témoigne-t-elle.

Une attente biaisée

On ne s’attendait pas, renchérit Maférin Sylla, à une démolition plus importante que les parties qu’ils avaient eux-mêmes commencé à détruire.

« Nous avions commencé à casser les parties concernées après le passage des autorités. Mais nous ne pensions pas que d’autres démolitions suivraient. Aujourd’hui, plusieurs familles se retrouvent sans maison, sans cour et même sans toilettes, alors que nous sommes en pleine saison des pluies avec des enfants et des personnes malades. Nous demandons aux autorités de nous venir en aide », lance-t-elle.

Entre nécessité d’aménager et urgence sociale

À Kindia, l’aménagement de la voirie se poursuit ainsi sur fond d’attente sociale : celle de familles qui disent avoir accepté la transformation de leur quartier, mais qui espèrent désormais ne pas être laissées seules face aux conséquences des démolitions.

 

AS

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