L’exploitation de l’or en Guinée génère une activité économique importante, mais ses effets sur les conditions de vie dans les zones de production restent une préoccupation des autorités. Le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a dénoncé le manque de développement et la déscolarisation dans certaines localités aurifères, tout en présentant le raffinage local comme une nouvelle orientation de la filière.
Lors d’une rencontre avec les sociétés minières aurifères industrielles et semi-industrielles, le ministre est revenu sur la mise en service de Nimba Gold Refinery. Cette infrastructure doit assurer le raffinage de l’or produit en Guinée, alors qu’une partie de la production était auparavant exportée à l’état brut.
Bouna Sylla a rappelé que cette orientation avait été évoquée lors de la rencontre du 19 juin entre le président Mamadi Doumbouya et les acteurs de la filière aurifère.
Selon le ministre, le passage au raffinage local doit favoriser le développement d’activités connexes et accroître la valeur ajoutée générée dans le pays.
Les retombées locales en question
Malgré le nombre important de personnes qui travaillent dans l’exploitation aurifère, Bouna Sylla estime que les résultats économiques de cette activité ne se traduisent pas suffisamment par des améliorations dans certaines zones de production.
« Quand on va dans ces régions, c’est lamentable de voir qu’il n’y a aucun développement, il y a une déscolarisation de masse », a-t-il déclaré.
Cette situation pose la question des effets de l’exploitation aurifère sur les communautés concernées, notamment en matière d’éducation et de développement local.
Les objectifs assignés à la raffinerie
Le gouvernement attend de Nimba Gold Refinery une contribution à l’amélioration des conditions de travail dans la filière, au renforcement des réserves de change et à l’augmentation des retombées économiques de l’or.
« Le fait d’avoir cette raffinerie contribuera à améliorer les conditions de travail, améliorer les réserves de change du pays, le cadre macroéconomique du pays, mais également rendre cette filière profitable à l’ensemble des acteurs », a affirmé le ministre.
La mise en service de la raffinerie ne suffit toutefois pas, à elle seule, à établir l’ampleur des bénéfices pour l’économie nationale. Ceux-ci dépendront notamment de la valeur ajoutée effectivement conservée en Guinée et de la répartition des revenus issus de la filière.
La question reste donc celle de la traduction de cette transformation industrielle en retombées concrètes pour les populations des zones aurifères.
Gassime Fofana
