Guinée : le statut particulier des enseignants toujours à l’étude

Le statut particulier des enseignants n’est pas une question syndicale, mais une réforme sectorielle destinée à prendre en compte les spécificités du métier. Face à la presse cette semaine, le porte-parole du gouvernement, François Faya Bourouno, a également évoqué l’assainissement des effectifs et la mise en place d’un outil numérique de suivi des enseignants.

Une réforme sectorielle

François Faya Bourouno a tenu à clarifier la nature du statut particulier des enseignants. « La question portant sur le statut particulier n’est pas une question d’ordre syndical. Un statut particulier, c’est une réforme sectorielle », a-t-il expliqué.

Selon le porte-parole du gouvernement, les agents publics restent soumis à un statut général qui encadre notamment leurs droits et devoirs, leurs obligations, leurs avantages, les conditions de recrutement et de départ à la retraite ainsi que les mesures disciplinaires. Les spécificités propres à chaque métier peuvent ensuite faire l’objet de dispositions particulières. « Chaque secteur, tenant compte des spécificités du métier, on définit des mesures de gestion spécifiques du personnel », a-t-il précisé, en prenant l’exemple du personnel médical soumis à des conditions et horaires de travail spécifiques.

Le statut particulier des enseignants figure ainsi parmi dix statuts actuellement à l’étude. Pour François Faya Bourouno, cette réforme doit être conduite avec rigueur dans le cadre de la refondation de l’État.

L’assainissement des effectifs dans l’éducation

Le porte-parole du gouvernement a également mis en avant les efforts engagés pour mieux maîtriser les effectifs du secteur éducatif. Il affirme qu’avant le 5 septembre 2021, aucun ministre de la Fonction publique ne pouvait disposer en temps réel de la liste des personnes travaillant dans le secteur de l’éducation.

Un contrôle mené dans les écoles du pays a ensuite permis, selon lui, d’identifier des agents absents de leurs postes. Certains salaires ont été bloqués, faisant réagir des agents recrutés par l’éducation mais qui exerçaient désormais dans d’autres structures.
« Aujourd’hui, nous avons un outil digital qui nous permet de savoir dans chaque école de la République de Guinée quel enseignant travaille où et tient quel niveau pédagogique », a déclaré François Faya Bourouno.

Cette digitalisation doit également permettre, selon le porte-parole du gouvernement, de mieux garantir les droits des agents, notamment ceux des enseignants.

Des effectifs jugés déséquilibrés

François Faya Bourouno a enfin évoqué la répartition des personnels entre les administrations scolaires et les salles de classe. Il dénonce une situation dans laquelle certaines Directions préfectorales de l’éducation disposent d’effectifs importants alors que des établissements scolaires manquent d’enseignants. « Vous allez constater qu’il n’y a pas d’enseignants, mais vous partez à la DPE, vous allez trouver 200 ou 300 travailleurs », a-t-il affirmé. Il estime qu’une DPE devrait compter entre 23 et 25 travailleurs. « Tout le monde voulait être à la DPE, personne ne voulait aller en salle de classe », a-t-il dit.

 

Gassime Fofana

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