Forécariah : la jeunesse, entre opportunités d’emplois et défis de l’entrepreneuriat

La célébration en différé de la Journée internationale de la Jeunesse s’est tenue ce samedi 29 août 2026 à Forécariah, autour du thème « Des contextes différents, des aspirations communes ». La rencontre a mis l’accent sur les besoins des jeunes en matière de formation, d’emploi, d’entrepreneuriat et d’accès aux opportunités économiques.

Prenant la parole, le ministre de la Jeunesse, Lansana Béa Diallo, a insisté sur les aspirations communes des jeunes, malgré les disparités entre les différentes régions du pays. « Si les réalités des jeunes guinéens diffèrent selon les régions, leurs aspirations restent communes : apprendre, travailler, entreprendre et construire leur avenir », a-t-il déclaré.

Avec près de huit Guinéens sur dix âgés de moins de 35 ans, la question de l’insertion de cette frange de la population constitue un enjeu majeur. Le gouvernement mise notamment sur les Centres ÉMERGENCES, qui doivent regrouper, dans un même dispositif de proximité, des services liés à la formation, à l’emploi, à l’entrepreneuriat, au numérique, au sport et à la culture.

Le ministre considère cette jeunesse comme une ressource stratégique pour le pays. « La jeunesse constitue le premier capital humain du pays et un levier majeur de la vision portée par le Président de la République », a souligné Lansana Béa Diallo.

Entre potentiel démographique et défis structurels

Malgré son poids démographique, la jeunesse guinéenne reste confrontée à plusieurs difficultés : accès limité à la formation qualifiante, chômage et sous-emploi, inadéquation entre les compétences disponibles et les besoins du marché du travail, difficultés de financement des initiatives entrepreneuriales et disparités dans l’accès aux opportunités entre Conakry et les régions.

Transformer la jeunesse en capital productif

En analyse de cette problématique, le sociologue Ansoumane Condé, estime que le défi ne consiste pas simplement à disposer d’une population majoritairement jeune, mais à créer les conditions permettant de transformer cette dynamique démographique en avantage économique.

Selon lui, cela passe par des investissements durables dans l’éducation, la formation professionnelle, la santé, l’emploi et l’accompagnement entrepreneurial. Il préconise également un rapprochement plus important entre les formations dispensées et les besoins réels des entreprises, ainsi qu’un meilleur accès des jeunes au financement.

« Il faut créer des passerelles concrètes entre formation et marché du travail, faciliter l’accès des jeunes au financement, accompagner l’entrepreneuriat sur la durée et mieux valoriser les compétences techniques et numériques. L’enjeu est également de réduire les écarts entre Conakry et les régions afin que les opportunités ne soient pas concentrées dans la capitale », estime-t-il.

La question de la jeunesse apparaît ainsi comme un enjeu à la fois social, économique et démographique. Sa contribution au développement dépendra notamment de la capacité des politiques publiques à convertir son potentiel en compétences, en emplois et en activités économiques durables.

 

Gassime Fofana

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