Énergie en Afrique de l’Ouest : Bah Oury plaide pour un marché électrique régional plus intégré

La coopération énergétique entre les États ouest-africains doit tenir un nouveau cap. C’est le message porté par le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, à l’ouverture de la 21e Assemblée générale ordinaire du Système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain (WAPP), tenue ce vendredi 6 novembre 2026 à Conakry. Il a notamment appelé à une meilleure mutualisation des ressources, au renforcement des interconnexions et à l’harmonisation des performances des systèmes électriques de la sous-région.

L’intégration énergétique, un impératif pour le développement

Pour le chef du gouvernement, l’accès à une électricité suffisante et fiable constitue une condition essentielle à la transformation économique des pays africains. Il estime que les ambitions industrielles de la sous-région ne peuvent se concrétiser sans une politique énergétique concertée.

« L’énergie est au développement des nations ce que les fondations sont à l’édifice. Elle conditionne notre capacité à produire, à transformer nos économies, à créer des emplois et à améliorer durablement les conditions de vie de nos populations », a-t-il déclaré.

Amadou Oury Bah a ainsi défendu une approche régionale fondée sur la complémentarité des infrastructures et des capacités de production. Selon lui, les stratégies nationales menées isolément ont montré leurs limites face à l’ampleur des défis énergétiques.

« Pendant longtemps, nos pays étaient dans une logique nationale pour surmonter les défis énergétiques, mais cela n’a pas fonctionné. C’est pourquoi la logique de complémentarité régionale de nos ressources, de nos infrastructures et de nos capacités de production est de plus en plus une nécessité », a-t-il expliqué.

Vers des systèmes électriques mieux connectés

Au-delà de la production, le Premier ministre a insisté sur l’importance des interconnexions et de la performance des sociétés nationales d’électricité. L’objectif, selon lui, est de dépasser la simple coexistence des réseaux nationaux pour construire un véritable espace énergétique communautaire.

« Nous devons passer d’une juxtaposition des systèmes électriques nationaux à une véritable communauté énergétique ouest-africaine, avec, dans une large mesure, les mêmes standards de management et de performance », a-t-il souligné.

Cette vision repose notamment sur une coopération renforcée entre les quinze pays de la sous-région, afin de faciliter les échanges d’électricité et de mieux exploiter les capacités énergétiques disponibles.

La Guinée mise sur son potentiel hydroélectrique

Évoquant les perspectives nationales, Amadou Oury Bah a rappelé les investissements réalisés dans le secteur hydroélectrique, citant notamment les barrages de Kaléta et de Souapiti. Il a également mentionné les projets de Koukoutamba et de Sambangalou, qui participent aux ambitions de développement énergétique de la Guinée et de la sous-région.

Le chef du gouvernement a toutefois reconnu la nécessité d’engager des réformes structurelles pour adapter le système électrique national aux nouvelles exigences économiques.

Simandou 2040 impose de nouvelles exigences énergétiques

Le programme de développement Simandou 2040 constitue, selon le Premier ministre, un facteur supplémentaire d’accélération des réformes. La diversification de l’économie, l’industrialisation et le développement des activités productives nécessitent un approvisionnement électrique adapté, mais également une meilleure couverture du territoire national.

« L’ambition de la réussite du programme économique Simandou 2040 nécessite absolument des réformes drastiques de notre propre système énergétique national afin de répondre aux exigences d’une économie qui doit être diversifiée et équitable en termes de présence sur l’ensemble du territoire national », a-t-il affirmé.

Par ailleurs , Amadou Oury Bah a réitéré l’engagement de la Guinée à soutenir les initiatives d’intégration énergétique ouest-africaine.

« La République de Guinée réaffirme sa disponibilité à accompagner cette ambition collective et à contribuer activement à la construction d’un espace énergétique ouest-africain plus intégré, plus performant et plus solidaire », a-t-il conclu.

 

Gassime Fofana

 

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