Éducation nationale / Guinée : vers une refonte totale du système ?

Un système d’enseignement obsolète,  des programmes non adaptés aux réalités du pays et des pédagogies à refaire. Le ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Alpha Bacar Barry, a procédé, ce vendredi 17 avril 2026, au lancement officiel du processus de révision des programmes d’enseignement du secondaire.
Présentée comme une réforme de fond, cette initiative s’inscrit dans la dynamique du Cadre d’Orientation Curriculaire (COC), adopté en septembre 2023. Ce référentiel constitue désormais la base de la refondation pédagogique engagée par les autorités, avec l’ambition d’adapter le système éducatif aux réalités contemporaines et aux besoins du marché de l’emploi.

Au cœur de cette réforme, une volonté clairement affichée : rompre avec des contenus jugés obsolètes et peu en phase avec les exigences actuelles. « Il ne sert à rien d’enseigner à nos enfants des connaissances dont ils n’ont pas besoin pour s’engager pleinement dans notre activité économique », a déclaré le ministre, insistant sur la nécessité d’une école plus en prise avec les réalités socio-économiques.

Reconnaissant les limites des programmes en vigueur, il a également souligné l’urgence d’une adaptation : « le monde change, les métiers évoluent. Nos programmes répondent aujourd’hui faiblement aux exigences modernes. Le temps des programmes théoriques et inapplicables est révolu. Nous attendons des contenus concrets, centrés sur les compétences ».

Cette orientation marque un changement de paradigme, privilégiant désormais une approche basée sur les compétences, l’employabilité et l’innovation pédagogique. Elle viserait à mieux préparer les élèves à leur insertion dans la vie active, tout en renforçant leur capacité d’adaptation dans un environnement en constante évolution.

Une réforme attendue, mais exigeante

Sur le terrain, cette réforme suscite à la fois espoirs et interrogations. Pour de nombreux acteurs du secteur, elle représente une opportunité de modernisation longtemps attendue. Toutefois, sa réussite dépendra largement des conditions de mise en œuvre.

Ousmane Soumah,  enseignant du secondaire, interrogé sur cette initiative, estime que « la réforme va dans le bon sens, surtout si elle permet de rapprocher l’école du monde professionnel ». Il souligne néanmoins plusieurs défis majeurs : la formation des enseignants, la disponibilité de supports pédagogiques adaptés et les moyens logistiques.

Selon lui, « changer les programmes ne suffit pas. Il faut accompagner les enseignants, revoir les méthodes d’évaluation et s’assurer que les établissements disposent des outils nécessaires pour appliquer ces nouvelles orientations ». Il insiste également sur le risque d’un décalage entre les ambitions affichées et les réalités du terrain, notamment dans les zones moins équipées.

Un enjeu stratégique pour l’avenir

Par ailleurs,  il reste désormais à traduire cette ambition en actions concrètes et durables. Car si la refonte des programmes constitue une étape déterminante, elle ne produira ses effets qu’à travers une mise en œuvre cohérente, inclusive et soutenue dans le temps.

 

Gassime Fofana 

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