Coyah : penser la ville avant la prochaine pluie

À Coyah, les fortes pluies enregistrées entre la nuit du vendredi 18 et le samedi 19 septembre 2026 ne sont pas seulement venues rappeler la puissance des phénomènes météorologiques. Elles ont surtout remis sur la table une question devenue incontournable : quel modèle d’urbanisation pour une préfecture qui connaît une croissance rapide, mais dont les infrastructures semblent parfois ne plus suivre le rythme de cette expansion ?

Une croissance urbaine qui pose la question des infrastructures

« Coyah n’est plus un simple espace périphérique aujourd’hui . La préfecture s’est progressivement imposée comme un territoire résidentiel, économique et stratégique, porté par une forte dynamique d’urbanisation. Mais jusque -là, on ignore qu’une ville ne se développe pas uniquement avec des maisons. Car construire davantage de logements sans renforcer parallèlement les infrastructures peut accroître la vulnérabilité du territoire », analyse l’urbaniste, Bakary Camara

Le problème n’est pas seulement la pluie

« L’eau doit naturellement suivre des trajectoires. Mais lorsque les surfaces naturelles sont progressivement remplacées par des constructions et des voies de circulation, les sols deviennent plus imperméables et le ruissellement augmente », dit-il.

Construire une maison ne suffit pas à construire un quartier

La crise pose également la question de la politique du logement. Pour lui, une habitation peut être solide et pourtant se trouver dans une zone vulnérable. Un quartier peut être densément habité et manquer de drainage, avant d’ajouter : « le logement doit donc être pensé avec l’urbanisme, l’assainissement, la voirie et la gestion des eaux pluviales. »

Reprendre la maîtrise de l’aménagement

« Les énormes inondations de Coyah ont montré que cette préfecture a désormais besoin d’un véritable diagnostic territorial notamment cartographier les zones exposées, identifier les couloirs naturels d’écoulement, évaluer les ponts et réseaux de drainage, préserver les espaces nécessaires à la régulation des eaux et renforcer le contrôle des constructions dans les secteurs à risque », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « il faut également revoir la conception des infrastructures. Les futurs ouvrages ne doivent pas simplement reproduire les standards du passé. Ils doivent tenir compte de l’évolution démographique, de l’extension urbaine et des épisodes. »

Par ailleurs, il faut maintenant passer d’une logique essentiellement réactive, réparer après la catastrophe à une politique de prévention capable d’anticiper les risques. Car les eaux finiront par se retirer, les routes seront nettoyées, les maisons seront réparées, mais si rien ne change dans la manière de planifier l’habitat, de gérer les eaux, de construire les infrastructures et d’occuper l’espace, la prochaine grande pluie risque de remettre Coyah face aux mêmes questions.

 

Gassime Fofana

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