Corruption : le tournant décisif annoncé par Mamadi Doumbouya

Le message de ce 21 août 2026 du président Mamadi Doumbouya place la lutte contre la corruption au cœur de la Refondation et lui donne une portée qui dépasse largement la seule sanction de quelques responsables. En affirmant qu’« aucun rang, aucune fonction, aucune proximité » ne doit mettre quiconque à l’abri de la rigueur républicaine, le chef de l’État pose le principe d’une République où nul ne serait au-dessus des règles. C’est précisément cette exigence d’exemplarité qui peut changer durablement les pratiques de gouvernance en Guinée : lorsque les détenteurs de responsabilités comprennent que la puissance publique n’est ni un privilège ni un patrimoine personnel, la gestion de l’État peut progressivement gagner en transparence, en discipline et en efficacité. Une lutte anticorruption menée sans complaisance peut également restaurer la confiance des citoyens, rassurer les investisseurs et renforcer la crédibilité des institutions, en envoyant un signal fort : les ressources de la nation doivent servir l’intérêt général et non les intérêts particuliers.

L’enjeu est donc historique. La lutte contre la corruption ne doit pas être perçue comme une simple campagne ponctuelle, mais comme une véritable transformation de la culture administrative, politique et économique du pays. En faisant de l’exemplarité une exigence qui commence « par ceux qui servent à ses côtés », le président Mamadi Doumbouya affirme une doctrine susceptible de produire, à terme, des effets profonds sur la gouvernance guinéenne : davantage de responsabilité dans la gestion des deniers publics, une administration plus rigoureuse, une meilleure efficacité de la dépense publique et un climat économique plus propice à l’investissement et au développement. Mais c’est surtout la constance dans l’action, l’application impartiale des règles et la transparence des procédures qui permettront de transformer cette promesse en héritage.

Si la fermeté annoncée se confirme dans la durée, la lutte contre la corruption pourrait devenir l’un des marqueurs les plus déterminants de la Refondation et contribuer à faire émerger une nouvelle norme politique en Guinée : servir l’État plutôt que se servir de l’État.

 

I. Camara 

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