Agriculture : les défis du secteur, selon Dr Makanera Kaké

Le lancement officiel des projets et réformes du pilier Agriculture du programme Simandou 2040, tenu au Palais du Peuple de Conakry, marque une nouvelle étape dans la volonté des autorités de moderniser le secteur agricole guinéen. Ce volet prévoit plus de 18 milliards de dollars d’investissements, avec pour objectifs la structuration de 5 000 coopératives agricoles, le développement d’une centaine d’agrégateurs ainsi que la création de centres modernes de stockage, de tri, de calibration et de conservation des produits agricoles.

Pour Makanera Kaké, spécialiste en finances publiques et enseignant-chercheur, cette ambition ne pourra produire les résultats escomptés que si les difficultés structurelles de l’agriculture guinéenne sont prises en compte.

Selon lui, la principale faiblesse du secteur réside dans le fait que toute la chaîne de production repose presque entièrement sur le cultivateur. Du financement des activités à la commercialisation des récoltes, en passant par le transport et la conservation, les producteurs assument seuls l’essentiel des charges. Ce qui se traduit par un déficit de production et de faibles revenus.

Le spécialiste  en finance publique souligne qu’à l’inverse, dans plusieurs pays ayant développé une économie verte, les agriculteurs bénéficient d’importants dispositifs de soutien technique et financier, favorisant ainsi une meilleure productivité et une amélioration durable de leurs conditions de vie.

Pour faciliter l’émergence d’une économie verte en Guinée, Makanera Kaké recommande la mise en place de mécanismes d’accompagnement adaptés. Il plaide notamment pour la détaxation du carburant agricole, la garantie d’un revenu agricole afin de mieux protéger les producteurs, ainsi que la création d’une caisse de compensation agricole destinée à soutenir durablement les exploitants.

Par ailleurs,  il faut rappeler que la réussite de la transformation agricole guinéenne dépendra moins des annonces que de la capacité à mettre en œuvre des réformes concrètes permettant d’améliorer durablement la productivité, les revenus des agriculteurs et la compétitivité du secteur.

 

Gassime Fofana

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