Orpaillage clandestin : la Guinée rassure ses partenaires

La lutte contre l’orpaillage clandestin à Siguiri reste une priorité pour les autorités guinéennes. Face au corps diplomatique accrédité en Guinée, jeudi 5 novembre 2026, le ministre des Affaires étrangères, Dr Morissanda Kouyaté, a défendu les mesures engagées par le gouvernement, mettant en avant la protection des ressources naturelles, les enjeux environnementaux et le respect de la souveraineté nationale.

Une interdiction qui vise les pratiques clandestines

Le chef de la diplomatie a tenu à préciser que les autorités n’ont pas interdit l’exploitation de l’or, mais combattent les activités menées en dehors du cadre légal. Il a rappelé que des mesures contre l’exploitation clandestine existaient déjà sous les précédents régimes, citant notamment des arrêtés conjoints de 2015.

Siguiri face aux dégâts environnementaux

Le ministre a dénoncé les conséquences de l’orpaillage incontrôlé sur les terres, les forêts et les cours d’eau. Il a également évoqué les risques sanitaires liés à l’utilisation de produits chimiques, notamment le cyanure. Pour lui, ces pratiques compromettent les ambitions environnementales et économiques du pays, particulièrement dans le cadre du programme Simandou 2040.

Le panafricanisme ne signifie pas l’impunité

Abordant le cas des ressortissants étrangers interpellés sur les sites miniers, Morissanda Kouyaté a indiqué que plusieurs d’entre eux avaient été remis aux représentations diplomatiques de leurs pays respectifs, conformément aux orientations du président de la République. Il a toutefois déploré leur retour sur les sites d’exploitation et dénoncé une interprétation erronée de la solidarité africaine.

Un message adressé aux chancelleries

Devant les ambassadeurs, le ministre a enfin appelé à ne pas se limiter aux informations diffusées sur les réseaux sociaux, mais à privilégier les constats directs sur le terrain. Il les a invités à transmettre à leurs capitales respectives la position des autorités guinéennes.

Une démarche saluée 

La position des autorités guinéennes face à l’exploitation clandestine de l’or bénéficie de la compréhension du Maroc. À l’issue d’une rencontre entre le ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, et les chefs des missions diplomatiques accrédités en Guinée, ce jeudi 5 novembre 2026, l’ambassadeur du Maroc, Isam Taib, a salué la démarche de Conakry, notamment au regard des enjeux de souveraineté nationale et économique.

Le diplomate marocain a remercié le chef de la diplomatie guinéenne pour cette rencontre, qui a permis aux représentants étrangers de mieux comprendre les motivations des autorités face à l’exploitation aurifère clandestine.

« Je voudrais remercier Son Excellence M. le ministre des Affaires étrangères de nous avoir conviés ici au siège du ministère des Affaires étrangères pour parler d’un sujet important qui touche la souveraineté du pays, la souveraineté économique du pays », a-t-il déclaré.

Informer les capitales sur la position de Conakry

Isam Taib a également souligné l’importance de cette séance d’information pour les missions diplomatiques. Selon lui, les éléments communiqués permettront aux représentants étrangers de rendre compte à leurs capitales respectives et à leurs chefs d’État de la position officielle de la Guinée.

« C’était une session d’éclairage pour nous donner des informations, pour que l’on puisse les relayer à nos capitales respectives et à nos chefs d’État, pour clarifier certaines choses qui ont été dites et pour donner aussi la version de la Guinée par rapport à cette situation », a-t-il expliqué.

L’ambassadeur a enfin salué cette démarche de communication diplomatique, qu’il considère comme une occasion de mieux appréhender les enjeux liés à la lutte contre l’exploitation clandestine de l’or en Guinée.

 

Gassime Fofana

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