Rentrée parlementaire : les députés de Forécariah veulent renforcer le contrôle des entreprises et leurs retombées locales

Les députés de la préfecture de Forécariah, Ibrahima Morciré Camara et Aboubakar Traoré, entendent mettre à profit les connaissances acquises au cours des échanges parlementaires pour renforcer le suivi des entreprises implantées dans leur préfecture. Leur ambition : améliorer les retombées économiques et sociales des activités industrielles, promouvoir le contenu local et veiller à une meilleure prise en compte des préoccupations des populations.

Selon l’honorable Ibrahima Morciré Camara, les différentes interventions au cours de la rentrée parlementaire ont principalement porté sur le rôle des députés, les mécanismes d’élaboration et d’application des lois, ainsi que le contrôle de l’action gouvernementale.

Les échanges ont également abordé le contrôle politique, l’évaluation de la performance et le suivi de l’action gouvernementale. Une autre thématique a porté sur le Parlement comme acteur de l’évaluation des politiques publiques, notamment à travers les méthodes, les outils et les bonnes pratiques.

Pour Ibrahima Morciré Camara, ces travaux constituent une occasion d’approfondir les connaissances des députés et de tirer profit des expériences d’autres pays afin de mieux exercer leurs missions de contrôle et d’évaluation.

Forécariah : des entreprises implantées, mais des retombées jugées insuffisantes

Au-delà du contrôle de l’action gouvernementale, le député entend étendre cette démarche aux activités des entreprises privées et des multinationales présentes dans sa préfecture.

Ibrahima Morciré Camara affirme que Forécariah compte des centaines d’entreprises, dont certaines sont installées depuis cinq à dix ans, voire davantage, sans que leurs retombées sur les communautés soient, selon lui, suffisamment perceptibles.

Face à cette situation, les deux députés prévoient de se rapprocher des autorités communales et des cadres préfectoraux afin de définir une démarche de suivi et d’évaluation des activités de ces entreprises. L’objectif est de mieux apprécier leur contribution au développement des collectivités et à l’amélioration des conditions de vie des habitants.

Le député annonce qu’à partir du 15 octobre, des démarches seront engagées auprès des entreprises opérant dans la préfecture. Les échanges porteront notamment sur leurs politiques de développement communautaire, la valorisation du contenu local, la protection de l’environnement, la formation des jeunes et le recrutement de la main-d’œuvre locale.

Ces préoccupations avaient déjà été soulevées dans un discours prononcé au nom des deux élus par leur collègue Aboubakar Traoré, à l’occasion de la célébration de la fête nationale du 2 octobre.

Pour Ibrahima Morciré Camara, les enseignements tirés de la rentrée parlementaire doivent désormais se traduire par des actions concrètes sur le terrain, en collaboration avec les collectivités et les entreprises.

Un mandat qui dépasse les limites de la circonscription

Le député rappelle également que le rôle d’un parlementaire ne se limite pas à sa préfecture d’élection. Il affirme avoir profité des vacances parlementaires pour parcourir plusieurs localités du pays et échanger avec des citoyens ainsi qu’avec des collègues d’autres collectivités.

Il indique notamment travailler avec des députés du Grand Conakry dans le cadre de consultations destinées à recueillir les préoccupations nationales et à favoriser le partage d’expériences.

Cette démarche s’inscrit, selon lui, dans une conception nationale du mandat parlementaire : défendre les intérêts de sa circonscription tout en contribuant aux préoccupations de l’ensemble des citoyens guinéens.

Honorable Aboubacar Traoré : « Être député, ce n’est pas un privilège »

De son côté, l’honorable Aboubakar Traoré défend une conception du mandat parlementaire fondée sur les résultats et la proximité avec les populations.

Se référant aux propos du président de l’Assemblée nationale, Dr Dansa Kourouma, il rappelle que la fonction de député ne doit pas être considérée comme un privilège ou une situation de confort.

« Être député, ce n’est pas un privilège, ce n’est pas du confort, c’est avoir des résultats pour sa population, pour sa nation et pour sa communauté », souligne-t-il.

C’est cette conviction qui, selon lui, a motivé les déplacements effectués pendant les vacances parlementaires. Avec son collègue, il affirme être allé à la rencontre des communautés de base, notamment pour les remercier de leur confiance et recueillir leurs préoccupations.

L’objectif était de mieux cerner les difficultés des populations et de préparer une session parlementaire 2026-2027 davantage tournée vers leurs attentes.

Pour les deux élus de Forécariah, les outils et les connaissances acquis au cours de cette rentrée parlementaire devront ainsi servir à renforcer le contrôle des politiques publiques, à mieux suivre les activités des entreprises et à favoriser une contribution plus visible de celles-ci au développement local.

Le défi reste désormais de transformer ces engagements en actions concrètes, notamment en matière d’emploi des jeunes, de formation, de protection de l’environnement et d’amélioration des conditions de vie des communautés.

 

Gassime Fofana

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *