38% d’admis : le signal d’alarme !

La fin du suspense. C’est ce jeudi soir que les résultats du Baccalauréat unique session 2026 ont été publiés en Guinée. Les 38 % d’admis à l’examen ne racontent pas seulement une statistique. Ils sont le reflet d’un système éducatif confronté à ses propres limites. Derrière ce chiffre se cachent malheureusement des milliers de jeunes dont les rêves d’études supérieures sont brutalement suspendus, mais aussi une interrogation collective sur la qualité de l’enseignement, les conditions d’apprentissage et le niveau réel des élèves.

Si certains salueront la rigueur des évaluations et le refus de distribuer des diplômes au rabais, d’autres y verront le symptôme d’une école qui peine encore à offrir les mêmes chances de réussite à tous. Dans tous les cas, un taux d’admission de 38 % ne peut être accueilli avec indifférence. Il interpelle les pouvoirs publics, les enseignants, les parents et les élèves eux-mêmes sur la nécessité de replacer l’exigence et la qualité au cœur de l’école guinéenne.

Toute fois, le véritable défi commence maintenant. L’objectif ne doit pas être de faire grimper artificiellement les statistiques lors des prochaines sessions, mais de créer les conditions d’une réussite fondée sur des acquis solides. Cela passe par une meilleure formation des enseignants, un encadrement pédagogique renforcé, des infrastructures adaptées, une responsabilisation des familles et une culture de l’effort chez les apprenants. Chaque génération sacrifiée représente une perte pour le développement du pays. Les 38 % de cette année doivent donc être considérés non comme une fatalité, mais comme un électrochoc. Car le redressement de l’école guinéenne ne se mesurera pas seulement au nombre de diplômés, mais à la capacité du système à former des citoyens compétents, autonomes et capables de relever les défis du développement national.

 

I Camara 

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