Alors que le projet de nouvelle constitution suscite un débat national, les positions des acteurs politiques se cristallisent autour de deux visions opposées. D’un côté, certains y voient un texte fondateur susceptible de renforcer la gouvernance et d’assurer la stabilité institutionnelle. De l’autre, des voix s’élèvent pour dénoncer une concentration excessive des pouvoirs entre les mains du président, faisant craindre une dérive autoritaire.
Bernard Goumou : une Constitution comme socle de l’avenir
En conférence de presse ce dimanche, l’ancien Premier ministre Bernard Goumou a exprimé son plein soutien au projet de nouvelle Constitution. Pour lui, ce texte fondamental doit être perçu comme le pilier de l’avenir de la nation guinéenne.
« Cette nouvelle constitution est la loi fondamentale, le socle sur lequel reposent l’identité, les valeurs, les principes, le droit et la stabilité de la République », a-t-il affirmé, soulignant la dimension institutionnelle et symbolique du document.
Bernard Goumou a également insisté sur les innovations introduites par le projet, notamment en matière de gouvernance.
« Cette nouvelle constitution introduit des mécanismes de transparence, de contrôle des pouvoirs et de reddition des comptes. Tout ceci contribue à l’amélioration de la gouvernance », a-t-il ajouté.
Faya Millimouno : une loi aux allures « de monarchie absolue »
Le lendemain, c’est au tour du président du Bloc Libéral, Faya Millimouno, de se prononcer. Devant la presse ce lundi, il a livré une lecture beaucoup plus critique du texte. Pour lui, loin d’équilibrer les pouvoirs, la nouvelle Constitution risque au contraire d’accentuer le pouvoir présidentiel.
« Elle ne tient pas de ce que nous sommes. On a donné des pouvoirs au président de la République. Quand vous lisez tous les pouvoirs donnés au président, vous les comparez aux pouvoirs dans une monarchie absolue, le président guinéen a plus de pouvoirs. Le fait de lui donner ces pouvoirs sans les contrôler ni les encadrer, cela nous a entraînés dans de sérieux problèmes », a-t-il déclaré
Un débat aux contours déterminants
Entre les partisans du projet, qui le considèrent comme une chance pour consolider la stabilité et la bonne gouvernance, et ses détracteurs, qui y voient un risque d’autoritarisme, le débat reste vif. L’adoption ou non de cette nouvelle Constitution apparaît ainsi comme un tournant décisif pour l’avenir institutionnel et démocratique de la Guinée.
Gassime Fofana
