Le 22 novembre 2025 marque le 55ᵉ anniversaire de l’“agression portugaise”, également appelée Opération Green Sea, une attaque menée en 1970 contre la Guinée indépendante par des commandos portugais appuyés par « certains opposants guinéens. » Plus d’un demi-siècle plus tard, cet événement continue d’alimenter réflexions, recherches historiques et débats sur la souveraineté nationale, la sécurité et les relations internationales en Afrique de l’Ouest.
Un rappel historique toujours sensible
Dans la nuit du 21 au 22 novembre 1970, des forces portugaises lancent un raid maritime contre Conakry. Officiellement, Lisbonne justifie l’opération par la volonté de libérer des prisonniers portugais capturés par le PAIGC, mouvement indépendantiste alors soutenu par la Guinée. Mais les analyses contemporaines mettent en lumière des objectifs plus larges, liés à la guerre coloniale menée en Guinée-Bissau et au positionnement stratégique de Conakry dans les luttes anticoloniales. Selon l’historien Alpha Sylla, la signification de cet événement dépasse largement son cadre militaire : « L’agression portugaise ne peut être comprise sans tenir compte du contexte de l’époque. La Guinée était l’un des principaux soutiens aux mouvements de libération lusophones et représentait, aux yeux de Lisbonne, un obstacle majeur à la poursuite de son entreprise coloniale. Le raid de 1970 avait donc pour but d’intimider, de déstabiliser et de tester la résistance d’un État africain qui assumait pleinement sa position sur la scène internationale. »
Un héritage toujours présent
Pour ce professeur d’histoire, l’“agression portugaise” demeure un repère essentiel dans la mémoire collective guinéenne. « Cinquante-cinq ans après, elle symbolise à la fois la fragilité des premières années de l’indépendance et la détermination de l’État à consolider ses institutions face aux pressions extérieures. En 2025, dans un environnement international de plus en plus complexe, cet anniversaire doit servir de rappel face aux enjeux de sécurité, d’alliance et de souveraineté.», souligne-t-il.
Gassime Fofana
