Réunis en séance plénière le 31 mars 2026, les conseillers nationaux ont validé les principales composantes du projet de loi de finances initiale, portant sur les recettes et les dépenses de l’État. Malgré plusieurs recommandations formulées en amont, le texte a été adopté après examen approfondi en commissions.
« Des recettes en nette progression »
Le budget 2026 affiche une ambition marquée du côté des ressources. Les recettes sont projetées à près de 55 858 milliards GNF, soit une hausse significative de plus de 27 % par rapport à la loi de finances rectificative 2025.
L’essentiel de ces ressources provient du budget général, qui représente plus de 95 % des recettes, tandis que les budgets d’affectation spéciale restent marginaux.
Ces prévisions reposent sur des hypothèses macroéconomiques optimistes, notamment :
une croissance économique estimée à 9,5 %
une inflation maîtrisée autour de 3,5 %
une pression fiscale fixée à au moins 14 % du PIB
un déficit budgétaire contenu sous la barre des 3 % du PIB
Des dépenses en « hausse soutenue »
En parallèle, les dépenses publiques sont évaluées à plus de 64 181 milliards GNF, enregistrant une augmentation de 18,3 % par rapport à 2025. Elles représentent près de 16 % du PIB.
Le budget général concentre l’essentiel des dépenses, avec plus de 61 755 milliards GNF, tandis que les budgets spécifiques conservent un poids limité.
Une priorité maintenue sur les dépenses courantes
L’analyse de la structure des dépenses révèle une domination persistante des charges de fonctionnement. Plusieurs fonds stratégiques bénéficient toutefois d’augmentations importantes, notamment :
-le Fonds National de Développement Local (FNDL)
-le Fonds d’Investissement Minier (FIM)
-le Fonds de Développement des Communes de Conakry (FODECCON)
Un budget ambitieux mais sous surveillance
Ce projet de loi de finances traduit la volonté des autorités de soutenir la croissance tout en maintenant un cadre macroéconomique stable. Toutefois, l’importance des dépenses courantes et les hypothèses économiques ambitieuses pourraient alimenter le débat sur la soutenabilité et l’efficacité de ce budget.
Par ailleurs, le budget 2026 s’inscrit dans une dynamique de croissance, mais pose encore la question de l’équilibre entre investissement productif et dépenses de fonctionnement.
Gassime Fofana
