Le ministère de l’Hydraulique et des Hydrocarbures a récemment interpellé la gouverneure de la ville de Conakry sur une situation jugée préoccupante liée à l’évacuation des eaux usées dans plusieurs concessions de la capitale. La correspondance met en garde contre des pratiques non conformes aux normes d’hygiène et d’urbanisme en vigueur.
Selon le document signé par le ministre Bachir Camara, des canaux de drainage déversent directement les eaux usées sur la chaussée et les voies publiques, provoquant des problèmes d’insalubrité, de dégradation des infrastructures et des risques sanitaires pour les populations riveraines.
Face à cette situation, le ministère appelle à la prise de mesures urgentes afin de préserver la santé publique, la sécurité collective et le respect des règles d’urbanisme. Il sollicite l’implication des autorités locales, notamment les maires, les chefs de quartier et les chefs de secteur, pour sensibiliser les ménages concernés, corriger les dispositifs d’évacuation non conformes et assurer un suivi effectif de la mise en conformité.
Un délai de trente (30) jours est accordé aux ménages concernés pour remédier à ces dysfonctionnements, à compter de la date de réception du courrier. Passé ce délai, tout contrevenant s’exposera aux sanctions prévues par les textes en vigueur, notamment une amende de quinze millions (15 000 000) de francs guinéens ainsi qu’une peine d’emprisonnement ferme pour mise en danger de la vie d’autrui.
Cette démarche s’inscrit dans la volonté des autorités de renforcer la lutte contre l’insalubrité urbaine et de prévenir les risques sanitaires dans la ville de Conakry, confrontée à une urbanisation rapide et à des défis croissants en matière de gestion des eaux usées.
Point d’un analyste !
Pour Kerfalla Touré, vice -président de l’association des jeunes intellectuels et sportifs pour le développement de l’éducation , la décision du ministère montre une volonté claire de protéger la santé publique et de lutter contre l’insalubrité dans la capitale. Elle envoie un message aux ménages et aux autorités locales sur la nécessité de respecter les normes d’évacuation des eaux usées. « Mais ces mesures coercitives ne pourront produire pleinement leurs effets que si elles s’accompagnent de mesures structurelles. Car, avant de sanctionner, il est important de créer les conditions réelles d’évacuation des eaux usées et de réglementer le processus de construction des maisons ».
Selon lui, la mise en place de canaux d’évacuation fonctionnels, de stations de traitement et d’un suivi strict des permis de construire sont autant de moyens de prévenir durablement ces pratiques et d’assurer la conformité à la réglementation.
Gassime Fofana
