Guinée : une décret clarifie les missions et les responsabilités des départements ministériels

Le président de la République, Mamadi Doumbouya, a signé un décret déterminant ce lundi 9 février 2026, fixant les attributions générales des ministères et des secrétariats généraux du gouvernement. Lu à la télévision nationale, ce texte, pris en application de l’article 65 de la Constitution, redéfinit le cadre institutionnel de l’action gouvernementale et précise les missions de plusieurs départements stratégiques, dont la Défense nationale et la Justice.

Des responsabilités ministérielles clairement encadrées

Selon le décret, chaque ministère est chargé de concevoir, mettre en œuvre, suivre et évaluer la politique gouvernementale dans son champ de compétence. À ce titre, les départements ministériels assurent l’élaboration des textes législatifs et réglementaires, la mise en œuvre des stratégies sectorielles, la gestion des organismes publics sous tutelle et la préparation de leur budget.

Le texte met également l’accent sur l’intégration transversale des enjeux environnementaux, sociaux, éthiques, de genre et d’équité dans les politiques publiques. Les ministères sont par ailleurs appelés à représenter l’État guinéen dans les cadres de concertation et de négociation aux niveaux national, sous-régional, régional et international.

La Défense nationale sous l’autorité directe du Chef de l’État

Le décret consacre un rôle central au Ministère de la Défense nationale, placé sous l’autorité directe du Président de la République, en sa qualité de Commandant en chef suprême des forces armées. 

Le ministre de la Défense assure la tutelle politique et administrative de l’institution militaire et exerce son autorité sur l’ensemble des forces armées.

Ses missions couvrent notamment la protection des intérêts vitaux de la nation, la sauvegarde des institutions républicaines, la mise en œuvre de la politique de défense nationale et l’exécution des décisions du Conseil supérieur de défense. Le ministère est également chargé de l’organisation générale de la défense, de la gestion des ressources humaines militaires, de la formation, du renseignement, des infrastructures et de la coopération internationale en matière de défense.

Le texte prévoit aussi l’implication des forces armées dans les actions de développement socio-économique et d’intérêt public, la gestion du patrimoine militaire, la participation aux opérations de maintien de la paix et le respect du droit international humanitaire et des droits de l’Homme au sein de l’armée. Le ministre de la Défense est ordonnateur du budget du département, avec possibilité de délégation.

Justice et droits de l’Homme : consolidation de l’État de droit

Le Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme voit également ses missions précisées. Il est chargé de l’application des lois et règlements en matière judiciaire, de la promotion et de la protection des droits de l’Homme, du contrôle des établissements pénitentiaires et de la protection judiciaire des mineurs.

Le département joue en outre un rôle clé dans la formation des magistrats, la mise en œuvre des conventions internationales ratifiées par la Guinée, la gestion des contentieux internationaux et le renforcement de l’État de droit, des libertés publiques et individuelles.

Un cadre institutionnel pour une action publique plus efficace

À travers ce décret, les autorités entendent doter la Ve République d’un cadre de gouvernance plus lisible et opérationnel. En clarifiant les missions et les responsabilités de chaque département ministériel, le texte vise à renforcer la coordination gouvernementale, la redevabilité administrative et l’efficacité de l’action publique, dans un contexte marqué par d’importants enjeux sécuritaires, sociaux et économiques.

Gassime Fofana 

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