Face à l’ampleur des impacts des inondations observés en 2025, le ministère de l’environnement décide de lancer un plan pilote de réduction des risques liés aux aléas dans trois communes stratégiques du Grand Conakry.
« Pour l’année 2025, les aléas inondations ont causé beaucoup plus d’impacts que d’habitude. C’est le seul aléa qui a touché près de 50.000 personnes, représentant 95 % de l’ensemble des aléas », précise Alhassane Barry, Directeur national de la gestion des risques et catastrophes.
Une démarche préventive plutôt que curative
Le ministère décide ainsi de dépasser la simple réponse d’urgence : « nous avons donc élaboré un plan de réduction des risques liés aux inondations. C’est une initiative nouvelle que nous souhaitons expérimenter en phase pilote dans trois communes : Kaloum, Matoto et Coyah, qui ont été les plus touchées l’an dernier dans le Grand Conakry », dit-il.
Objectif de ce plan : identifier les zones à haut risque
Le plan vise à agir directement sur le terrain pour mieux protéger les populations : « Il s’agit de descendre dans ces communes, d’identifier les zones à haut risque, de les cartographier et de préparer des mesures préventives », explique le directeur national de la gestion des risques et catastrophes.
Une cartographie participative avec la communauté
La particularité de ce programme réside dans sa dimension participative. « Nous allons réaliser une cartographie participative avec la communauté, évaluer les risques et proposer des mesures d’atténuation adaptées. »
Mobilisation des services techniques de l’État
Ces mesures seront appliquées par l’ensemble des services techniques de l’État : « par exemple, si le plan révèle que les inondations sont causées par un problème d’ordures, le ministère de l’Assainissement et de l’Hydraulique interviendra. Si c’est un problème de curage des caniveaux, le ministère des Travaux Publics entrera en action… »
Un outil de planification pour les communes
Le plan servira également de document de planification pour chaque commune. Pour M. Barry, ce document permettra à la commune de mieux prévenir les risques liés aux inondations et d’anticiper les crises futures. « Nous y intégrerons aussi un système d’alerte précoce pour informer la population. »
Démarrage imminent !
Nous allons entrer en action dès la semaine prochaine, en commençant par la commune de Coyah, dit-il, avant de parler des conditions de réussite du plan. « Pour la réussite de ce plan, il faut l’adhésion de la population, l’accompagnement des autorités locales, la participation des services techniques de l’État, qui peuvent être un tremplin pour l’atteinte de nos objectifs prévus. »
Par ailleurs, il faut souligner que cette initiative constitue une étape clé pour renforcer la résilience des communes du Grand Conakry face aux inondations et pour instaurer une culture de prévention plutôt que de simple réaction aux catastrophes.
Gassime Fofana
