Frontière Guinée – Sénégal : quel impact sur l’économie et l’intégration régionale ?

 C’est le 27 septembre 2020, à quelques semaines de l’élection présidentielle, que la Guinée a fermé sa frontière avec le Sénégal. Pour certains économistes, cette fermeture a un impact considérable aujourd’hui sur les activités sociales et économiques des deux pays.

Est-ce une question de sécurité, de leadership, d’épreuve de force ou de rivalité sociopolitique entre la Guinée et le Sénégal ? Ce sont entre autres questions que plusieurs acteurs se posent en ce moment, surtout après la réouverture de la frontière entre la Guinée et la Sierra Leone, mais pas encore avec le Sénégal. Tout de même pour Mamadou Mouctar Baldé, économiste, cette situation remet en cause le protocole d’accord entre les États dans la zone CEDEAO. « Le 28 mai 1975 a été marqué par la mise en place d’une intégration économique ouest-africaine, appelée CEDEAO, qui regroupe aujourd’hui les pays de l’Afrique de l’ouest. Cette unification devrait être un instrument qui facilite les échanges, la circulation des personnes et leurs biens ainsi que la spécialisation de chaque pays membre dans un domaine donné », rappelle t-il avant d’ajouter : « mais aujourd’hui , avec le climat politique notamment entre certains Chefs d’Etat de la zone, cette intégration économique perd de plus en plus son but. Pour preuve, des Guinéennes et sénégalaises sont de part et d’autre bloquées en ce moment avec leurs marchandises. Le Sénégal qui produit des produits comme le lait, le sel, le savon madar ou autres n’arrive pas à exporter ses marchandises vers son pays voisin. Et en Guinée, des villes proches du Sénégal qui produisent des légumes, de la pomme de terre par exemple, ont aussi du mal à écouler ces marchandises vers le Sénégal. Conséquences, les commerçants subissent des énormes pertes, l’économie recule et les marchés sont caractérisés par la flambée des prix. »

Régler différemment les « désaccords politiques »
« Si vraiment c’est une question de leadership ou de sécurité, les Chefs d’Etat de ces deux pays doivent chercher à résoudre leurs différends par d’autres manières. Cela pour permettre de pérenniser l’intégration économique, qui est aujourd’hui une condition incontournable pour le développement, mais également pour les échanges commerciaux , facteurs d’amélioration des conditions de vie de la population », conclut l’économiste. 

Gassime Fofana

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