Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a appelé à faire des investissements internationaux un véritable moteur de transformation de l’économie nationale. Il s’exprimait ce mardi 20 octobre 2026, à l’ouverture de la cinquième édition du Forum sur le commerce et l’investissement entre le Royaume-Uni et l’Afrique francophone de l’Ouest et du Centre, où il a défendu une stratégie axée sur la production locale, la valorisation des ressources minières et le développement des entreprises guinéennes.
Pour le chef du gouvernement, l’enjeu est désormais de dépasser un modèle économique essentiellement fondé sur l’exportation des matières premières. La Guinée doit, selon lui, renforcer ses capacités industrielles, maîtriser davantage les technologies et accompagner l’émergence d’entreprises nationales capables de s’imposer sur les marchés régionaux et internationaux.
Simandou 2040, un cadre pour diversifier l’économie
Au cœur de cette ambition figure le programme Simandou 2040, présenté comme un levier de transformation économique porté par le président de la République, Mamadi Doumbouya. Amadou Oury Bah estime que la valorisation des ressources minières doit s’accompagner d’investissements dans les infrastructures, l’approvisionnement en électricité et la transformation des produits agricoles.
Le gouvernement entend ainsi faire des revenus et des opportunités générés par le secteur minier un moyen de développer d’autres activités économiques, afin de réduire la dépendance du pays aux matières premières brutes.
Les entreprises guinéennes au centre des partenariats
Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité de mieux intégrer les entreprises locales aux grands projets d’investissement. L’accès des petites et moyennes entreprises aux marchés, le renforcement du contenu local et le transfert de compétences figurent parmi les priorités évoquées.
Il a notamment souligné l’importance de former les jeunes aux métiers recherchés, dès la phase de conception des projets. Cette approche vise à permettre aux travailleurs et aux entreprises guinéens de bénéficier davantage des retombées des investissements réalisés dans le pays.
Dans cette perspective, l’expertise britannique dans les domaines de la finance, de l’ingénierie et des technologies constitue, selon lui, une opportunité de coopération. Le chef du gouvernement a toutefois insisté sur la nécessité de privilégier des études rigoureuses, des contrats équilibrés et une répartition claire des risques entre les partenaires.
Une coopération ouverte à tous les partenaires
Sur le plan international, Amadou Oury Bah a réaffirmé la volonté de la Guinée de diversifier ses relations économiques. Il a défendu une politique de neutralité stratégique permettant au pays de collaborer avec différents États, sans accorder d’exclusivité à un partenaire particulier.
Il a également mis en avant le potentiel de la coopération entre l’Afrique et l’Europe, ainsi que l’importance de renforcer les échanges régionaux. Le développement des infrastructures de transport et d’énergie pourrait notamment faciliter la circulation des biens et élargir les débouchés des entreprises ouest-africaines et centrafricaines.
Des engagements attendus à l’issue du forum
Au-delà des échanges entre investisseurs et responsables publics, le Premier ministre a appelé à des résultats concrets. Il a demandé aux départements concernés d’assurer le suivi des projets prioritaires, avec des partenaires clairement identifiés et des calendriers de réalisation crédibles.
L’objectif affiché est de traduire les intentions de coopération en projets effectifs, capables de soutenir la production nationale, de favoriser la création d’emplois et de contribuer à une diversification durable de l’économie guinéenne.
Gassime Fofana
