À N’Tapan, dans la commune de Tombolia, la mangrove est de plus en plus menacée par les activités humaines. Autrefois rempart naturel contre les inondations et refuge pour une riche biodiversité, elle est aujourd’hui confrontée aux dépôts de déchets ménagers, aux remblais des chenaux naturels et à l’avancée des constructions.
Des sacs plastiques, bouteilles et autres déchets solides s’accumulent au pied des palétuviers, dont les racines aériennes sont progressivement étouffées. Par endroits, les chenaux ont perdu leur circulation naturelle, remplacés par des remblais destinés à de nouvelles occupations du sol. 
Un équilibre écologique fragilisé
« Une mangrove est un écosystème extrêmement sensible. Lorsqu’on remblaie les chenaux ou que l’on bloque la circulation des marées, on perturbe tout son fonctionnement hydrologique. Les palétuviers dépérissent, les espèces aquatiques perdent leurs habitats et l’ensemble de la biodiversité décline », explique l’environnementaliste François Kamano.
Selon lui, la disparition des mangroves signifie également la perte de ressources halieutiques, d’une protection naturelle contre les catastrophes, d’un important puits de carbone et d’une partie du patrimoine écologique national.
Pollution plastique et risques accrus
Poursuivant son intervention, il affirme : « le plastique ne disparaît pas. Il se fragmente en microplastiques qui contaminent les eaux, les sédiments, les poissons et les crustacés. C’est toute la chaîne alimentaire qui finit par être affectée, y compris l’être humain », tout en déclarant : « chaque hectare de mangrove détruit réduit la capacité du littoral à absorber les crues et favorise l’érosion. En parallèle, le carbone stocké dans les sols est progressivement relâché dans l’atmosphère, contribuant au réchauffement climatique. Ce sont des pertes souvent irréversibles si aucune mesure de restauration n’est engagée rapidement. »
Un appel à agir 
La situation de N’Tapan reflète celle de plusieurs zones côtières de Guinée, confrontées à l’urbanisation non maîtrisée, aux remblais, à la pollution plastique et à une gestion insuffisante des déchets.
Il appelle les autorités, les collectivités locales et les populations à renforcer la protection des mangroves, mettre fin aux remblais dans les zones humides, améliorer la gestion des déchets et restaurer les espaces déjà dégradés.
A N’Tapan, la mangrove est encore debout, mais de plus en plus fragilisée. Sans action rapide, cet écosystème essentiel pourrait progressivement disparaître au profit du béton et des déchets, avec des conséquences durables pour la biodiversité, les communautés locales et le climat.
Gassime Fofana
