En Guinée, et particulièrement à Conakry, la crise du logement est devenue un problème structurel qui affecte une grande partie de la population. Entre loyers exorbitants, urbanisation anarchique et difficultés croissantes d’accès à la propriété, les Guinéens font face à une réalité de plus en plus contraignante.
D’après Ousmane Soumah, économiste, plusieurs facteurs expliquent cette situation alarmante. « En aval, la cherté des logements à Conakry est due au coût élevé du marché des biens et services de construction, à la spéculation foncière ainsi qu’à l’expansion désordonnée de la population, qui ne suit pas le rythme du développement urbain. En amont, l’insuffisance des politiques publiques et privées adaptées rend le logement de plus en plus inaccessible », analyse-t-il.
La défaillance des infrastructures, la faiblesse des banques d’investissement et le manque de financements accessibles aggravent cette crise, limitant la capacité des citoyens à acquérir un logement décent.
Des solutions urgentes pour une réponse immédiate
Pour atténuer les effets immédiats de cette crise, plusieurs mesures s’imposent. Selon l’économiste Ousmane Soumah, il est urgent de mettre en place : « un encadrement strict des prix des loyers, afin de limiter les abus et stabiliser le marché locatif, un programme de logements sociaux à coût réduit, en partenariat avec des promoteurs immobiliers, pour offrir des solutions aux familles à faible revenu, des incitations fiscales à l’endroit des promoteurs immobiliers pour encourager la construction de logements accessibles.»
Vers des réformes structurelles pour un changement durable
Au-delà des mesures d’urgence, des réformes profondes sont nécessaires pour garantir un accès équitable au logement. L’économiste préconise : « une planification urbaine rigoureuse : L’absence de gestion efficace du foncier est un frein majeur. Il est impératif de définir clairement les zones réservées à l’habitation et de doter ces espaces des infrastructures de base, La création de banques d’investissement et d’affaires avec des taux de crédit réduits permettrait aux citoyens d’accéder plus facilement à la propriété »
Le rôle crucial des citoyens et du secteur privé
La solution à cette crise passe aussi par une implication active des citoyens et du secteur privé. Ousmane Soumah recommande le développement des coopératives d’habitat, permettant la mutualisation des ressources pour faciliter l’accès au foncier.
« L’État doit créer des conditions favorables pour que le secteur privé puisse investir en toute sécurité dans des logements accessibles à la classe moyenne et aux populations vulnérables », souligne-t-il.
Gassime Fofana