Les conséquences de la grève des syndicalistes ne se sont pas fait attendre ce lundi matin notamment dans le secteur des transports. Sur l’axe Km36-Enta, la circulation est très tôt bloquée par certains jeunes manifestants. Les chauffeurs ont obéi aussi aux consignes données par le syndicat des transporteurs.
Arrêtée en bordure de route depuis plus d’une heure, la dame Fatoumata exprime son désarroi vis-à-vis de ce que vivent les citoyens pour se déplacer. «Vraiment dans ce pays on souffre. Ça ne va pas sincèrement, le président n’a qu’à revoir le prix du carburant. Depuis une heure, moi je suis là je veux aller au travail mais je ne gagne pas de voiture. En 2010 ce n’est pas sur ça on l’a élu. Il a dit changement, on ne voit pas le changement. Conakry est devenu maintenant capitale mondiale des ordures. La population n’a qu’à voir, s’il ne diminue pas, on va faire comme 2007, on va tous sortir», dit -elle.
Visage crispé, un parapluie en main, avec un regard hagard, Mamadou Djouldé ne décolère pas. « Moi je ne sais pas dans quel pays nous sommes. Nous sommes là, pas de voiture. On a besoin d’aller au travail, mais on ne peut pas. Ce n’est pas bon pour le pays. Le gouvernement doit revoir ça, et vite. Il a fait augmenter le prix du carburant sans informer la population, pourquoi ça ?Nous ne sommes pas des animaux dans le pays», indique-t-il sur un ton ferme.
L’augmentation du prix du carburant ne fait pas que des heureux dans le pays. Depuis l’annonce de la nouvelle, les manifestations continuent dans tout le pays et les citoyens expriment leur mécontentement par différents moyens de protestation. Il faut noter que les choses sont loin de connaitre leur épilogue, car la société civile compte organiser «une grosse» mobilisation ce mardi 10juillet pour dénoncer cette mesure gouvernementale et demander que le prix revienne aux 8.000 francs guinéens, prix initial à la pompe.
Aliou Diallo