Journée des femmes rurales : braves mais marginalisées !

Actrices de développement agricole et rural, ressources de lutte contre la pauvreté rurale ou promotrices de progrès socioéconomique rural. Ces quelques valeurs définissent les femmes rurales, en particulier les autochtones. C’est pourquoi l’Assemblée générale des Nations unies à travers la résolution 62/136 du 18 décembre 2007, a fait du 15 octobre (depuis 2008) la journée internationale annuelle des femmes rurales. Objectif de cette initiative : inviter non seulement les États Membres à collaborer avec les organismes des Nations Unies et la société civile afin d’accorder une plus grande importance à la situation des femmes rurales, y compris autochtones, mais aussi créer des conditions idoines nécessaires à leur sécurité et à leur épanouissement.

En Guinée, les femmes rurales traversent de sérieuses difficultés relatives à leurs conditions de vie et leurs activités rurales. « On travaille dans l’agriculture et dans la saliculture, selon les saisons. C’est-à-dire quand il pleut, on est dans la production du riz, et à après la pluie, on commence le travail du sel, après les récoltes de riz. Mais ces activités sont pénibles pour nous, parce qu’on les accomplit avec le système traditionnel, qui demande beaucoup d’efforts physiques pour peu de rendement. En plus, on n’a pas assez de moyens financiers et transports pour valoriser nos activités. Donc cela réduit notre volonté de production. Mais comme c’est dans ça qu’on trouve notre quotidien, on y est obligé, même si c’est dur », déclare Mariame Camara, paysanne à Samatran. 

 Quelques facteurs qui manquent à l’amélioration des conditions de vie des femmes rurales

 « Plusieurs réalités montrent toujours que les femmes rurales ne sont pas prises en compte comme il faut par nos autorités. Et l’un de ces facteurs est l’absence d’infrastructures dans plusieurs zones rurales du pays, qui fait que beaucoup ne sont pas couvertes par le système sanitaire national, par exemple. D’autres, en cas de besoin, sont obligées de se déplacer sur des kilomètres pour regagner un centre-ville où elles peuvent trouver un centre de santé. Elles sont aussi confrontées au manque de route et de moyens de transport. Dans plusieurs zones rurales, les voitures viennent une seule fois par semaine, et dans d’autres, il faut parcourir des distances à pied pour trouver un moyen de transport, facteurs qui jouent négativement sur leur production rurale. Il faut aussi souligner que dans nos zones rurales, les femmes manquent d’environnement propice au développement social et personnel. Elles ne sont pas souvent prises en compte par les politiques et programmes de développement du pays. Toute l’attention politique de nos pouvoirs est à Conakry, alors que quand on regarde, ce sont des femmes rurales de nos villages qui assurent en grande partie notre sécurité et approvisionnement alimentaire par leur production du riz, maïs, gombo, sel, tomate… », affirme Bintou Cissé, institutrice. C’est pourquoi, dit-elle, il faut que l’Etat, les institutions privées et publiques œuvrent dans l’objectif de créer des conditions de valorisation de ces femmes ; cela, en les faisant participer pleinement à l’élaboration, à la mise en œuvre et au suivi des politiques et programmes de développement. « Identifier leurs besoins liés à leurs activités et leurs conditions de vie, afin de mobiliser les ressources indispensables dans ce sens. Il est aussi nécessaire de promouvoir l’autonomisation de ces femmes rurales à travers la création des écoles de métiers dans les zones rurales pour leur permettre de bénéficier des connaissances et compétences nouvelles dans leurs activités. Il est primordial de créer également pour ces femmes rurales une couverture sanitaire dynamique et des infrastructures de base sur place, investir dans les besoins essentiels et les intégrer dans les politiques de développement national, » conclut l’enseignante.

Gassime Fofana

 

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