C’est l’un des résultats de l’atelier national de validation du projet de loi sur la bourse de valeurs mobilières dont les objectifs sont entre autres, présenter le projet de loi sur la Bourse des Valeurs Mobilières, une composante du Projet d’Appui à la Modernisation du Secteur Financier -PAMSFI-La Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) et faciliter un appui à la modernisation du secteur privé financé par la Banque Africaine de Développement (BAD) en vue d’accompagner la Guinée dans la mise en œuvre des réformes monétaire et financière ciblées. Cette rencontre tenue fin 2022 en Guinée a permis aux acteurs financiers et banquiers nationaux de promouvoir la volonté de mise en place d’un marché boursier en Guinée.
Dans son intervention, la Directrice générale de Crédit et de Change à la BCRG et présidente du Comité de pilotage de PAMSFI, avait soutenu alors que « ce projet vise le développement du marché financier avec l’appui de la Banque Centrale d’une part dans la mise en place du marché financier et d’autre part, dans la mise en œuvre de la politique de change. Il vise également la modernisation de l’infrastructure financière et l’amélioration de la gouvernance du secteur bancaire et du secteur de la microfinance à travers notamment la mise en place d’un système de reporting de supervision des banques et les institutions de micro-finance. Il permet aux agents (États et entreprises) qui ont besoin d’argent pour mener à bien leurs projets de lever des fonds auprès d’investisseurs. Ensuite, les marchés financiers permettent aux différents agents économiques d’échanger les titres financiers préalablement émis. »
Mais quels sont concrètement les avantages et les risques liés à la création d’un marché boursier en Guinée !
Dans son analyse, le professeur d’Économie politique, Mohamed Soumah indique : « d’abord, je précise que l’idée de création d’un marché financier en Guinée n’est pas mauvaise, mais plutôt à apprécier. Parce que lorsqu’on passe en revue sur la bourse en Afrique, on se rendra aussi tôt compte que la Guinée est en retard par rapport à plusieurs pays. Et pourtant, beaucoup de raisons économiques et financières pourraient pousser à créer un marché financier. Donc s’il y a déjà une volonté en cours, c’est une bonne chose ».
Certes, une bonne chose, mais pas sans conséquences. Poursuivant son intervention, l’économiste relève : « la création d’un marché financier peut favoriser dans un premier temps le drainage de l’épargne au profit des agents qui ont besoin de financement. Dans l’autre, la liquidité des placements des agents épargnants. En plus, il permet aux entreprises de lever des capitaux en vendant des actions de leurs sociétés, qui sont aussi utilisées pour financer de nouvelles entreprises et développer celles existantes. »
Risques liés au marché boursier !
En dépit des effets bénéfiques, le marché boursier dans un pays surtout un pays moins avancé présente aussi des inconvénients ou risques. « le marché financier, c’est-à-dire le marché boursier, qu’il soit primaire ou secondaire présente des risques comme le risque que les fonds levés soient inférieurs aux attentes ; Perte de contrôle, le rachat d’une entreprise à cause de son admission à la cotation du marché public. Il peut aussi y avoir des risques liés à la fluctuation des marchés.»
Alors que faire pour minimiser ces risques ?
Au terme de son analyse, M. Soumah explique que les autorités guinéennes ainsi que ses partenaires nationaux et étrangers doivent mettre en place des mécanismes financiers et juridiques avant la mise en place de cette bourse. « il faut que la Guinée évite des problèmes qui se posent aujourd’hui aux entreprises en bourse dans plusieurs autres pays africains. Pour cela, les autorités financières doivent œuvrer afin que les banques répondent efficacement aux besoins de ces entreprises. Il faut également développer un climat juridique, financier, politique et institutionnel, qui peut favoriser la croissance qualitative et quantitative de ce marché financier, et réduire les risques naturels ou artificiels », conlut-il.
Gassime Fofana