Face à la crise de liquidité qui asphyxie depuis plusieurs mois les activités socio-économiques dans le pays, la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) vient de réceptionner un important lot de nouveaux billets de banque. Cette opération, effectuée ce dimanche, vise à renforcer l’approvisionnement des banques commerciales et des distributeurs automatiques, afin de répondre aux besoins pressants de la population et des opérateurs économiques.
Selon la cellule de communication de l’institution, «cette mesure vise avant tout à soulager les tensions actuelles et à rétablir une fluidité minimale dans les transactions quotidiennes ».
Une crise qui pénalise l’économie
Depuis plusieurs mois, les Guinéens sont confrontés à une rareté du cash. Les ménages peinent à retirer leur argent, les commerçants voient leurs activités paralysées et les opérateurs économiques dénoncent une baisse drastique de leurs transactions. Cette situation a suscité une vague de mécontentement et une perte de confiance dans le système bancaire.
C’est dans ce contexte que la BCRG a décidé de passer commande de nouveaux billets auprès de ses partenaires internationaux, « une opération déjà anticipée depuis plusieurs mois mais accélérée face à l’aggravation de la crise. »
Une crise de circulation, pas de production
Toutefois, la Banque Centrale tient à préciser que l’origine du problème ne réside pas dans une pénurie de billets imprimés. « La crise actuelle du cash n’est pas une crise de production ou de distribution, mais une crise de circulation », rappelle la cellule de communication.
En effet, plus de 94 % des billets en circulation échapperaient au circuit bancaire, conservés par des particuliers ou absorbés par l’économie informelle. Conséquence : une rareté artificielle de liquidité, malgré les efforts constants d’injection.
Une stratégie en deux volets
Pour répondre à ce défi, la BCRG affirme agir sur deux fronts :
À court terme, en injectant de nouveaux billets pour assurer l’approvisionnement immédiat des banques et distributeurs automatiques
À long terme, en s’attaquant aux causes structurelles de la crise par la promotion de la bancarisation, le développement des paiements électroniques et la restauration de la confiance des citoyens dans le système bancaire.
« Plus que jamais, la sortie de crise dépend d’une responsabilité collective : ramener les billets dans le circuit bancaire et adopter progressivement les solutions digitales pour bâtir une économie plus moderne et résiliente », insiste la BCRG.
Un approvisionnement progressif prévu
Selon les informations de l’institution, d’autres livraisons de billets sont attendues d’ici la fin de l’année, conformément à un calendrier strictement planifié. L’objectif affiché est non seulement d’atténuer les tensions actuelles, mais aussi d’éviter de nouvelles perturbations dans les prochains mois.
En attendant, la BCRG appelle les citoyens et les acteurs économiques à coopérer en réinjectant l’argent thésaurisé dans les circuits bancaires, condition indispensable pour restaurer la stabilité monétaire et soutenir la relance des activités économiques.
Gassime Fofana
