Cinq millions (5 000 000) de francs guinéens, assortis de trois (3) jours de travaux d’intérêt public au service de la collectivité. C’est la sanction infligée à chacun des dix individus interpellés pour jets d’ordures sur la voie publique. Cette opération conjointe, menée du 09 au 10 novembre 2025 par les services de la CMIS 3 d’ENCO 5, sous la supervision du Gouvernorat de Conakry et en collaboration avec le Ministère de l’Hydraulique et des Hydrocarbures et l’Agence Nationale de Salubrité Publique (ANASP), s’inscrit dans la vaste campagne de lutte contre l’incivisme environnemental dans la capitale. Les interpellations ont eu lieu sur le tronçon Cosa–T7, entre les communes de Matoto et de Lambanyi, où les dépôts sauvages d’ordures continuent de ternir l’image de la ville. Une action saluée par plusieurs citoyens qui y voient un signal fort envoyé à d’autres. Cependant, cette mesure a ses limites, estiment les mêmes observateurs. Pour eux, des centaines d’espaces publics, trottoirs et ruelles échappent encore à toute régulation et collecte organisée. « Sanctionner sans offrir d’alternatives viables revient à punir les conséquences sans traiter les causes. Avant toute action répressive, l’État doit mettre en place une politique d’assainissement cohérente comme des bacs à ordures accessibles, un système de collecte régulier, la gestion rigoureuse des décharges publiques et une sensibilisation massive à l’hygiène urbaine. Vous savez, l’incivisme découle souvent du manque de moyens et d’organisation, plutôt que du seul mépris des règles. Pour que la lutte contre la saleté soit durable, elle doit s’accompagner d’une vision structurée de la salubrité, fondée sur la prévention, l’éducation et la responsabilité partagée », affirme le Sociologue, Anoumane Condé. L’opération menée par les autorités, dit-il, est à saluer, « mais pour qu’elle soit durable et efficace, elle doit s’accompagner d’une vision structurée de la salubrité, capable de protéger tous les quartiers et d’impliquer chaque citoyen dans l’entretien de son environnement. »
Gassime Fofana
