Après la révolte de nos ponts qui a longtemps fait les choux gras de la presse guinéenne et des réseaux sociaux, ce fut la sortie ô combien regrettable de l’un des plus éminents économistes du pays, reconverti en «piètre» homme politique (Ousmane KABA) qui va défrayer la chronique et donner ainsi du répit aux autorités. Concomitamment à ces évènements, la crise résultante de l’augmentation des prix des hydrocarbures battait son plein jusqu’à mettre le feu dans les rangs des forces sociales de Guinée. (Par Hamidou BAH, Chargé de la commande publique, Consultant international, Spécialiste en Géopolitique)
Dans cet imbroglio infrastructuro-politico-social l’opposition a saisi l’occasion pour tirer une balle en caoutchouc sur le corps agonisant du gouvernement DON KASS. Il faut rappeler que le gouvernement fait face à de nombreuses grognes sociales qui empêchent le locataire du Palais Sékhoutouréyah de dormir. Parmi ces grognes on peut citer notamment les problèmes d’organisation pour l’acheminement des pèlerins à la Mecque, les négociations avec les différents syndicats pour la réduction des prix des hydrocarbures, les appels à manifester des forces sociales de Guinée pour les mêmes raisons, la question des ordures qui fait de Conakry un dépotoir à ciel ouvert… C’est dans cette mort clinique du pouvoir que l’opposition a projeté une manifestation le jeudi 09 août pour exiger l’installation des conseillers communaux issus des dernières locales.
Étant dos au mur, le Körö a compris qu’en cas de manifestation de l’opposition dans ces conditions, cela risquerait de lui créer de sérieux problèmes. En renard politique, il a donc décidé de faire abstraction de la c Constitution et du code électoral pour négocier avec l’UFDG.
Mais de prime abord, la question qu’il faut se poser est celle-ci : comment après six mois, la Guinée n’arrive-t-elle pas à proclamer les résultats définitifs pour de simples élections communales ?
Essayer de trouver de réponses à cette question est un exercice à la fois simple et compliqué. Simple, dans la mesure où une élection faite avec toutes les conditions réunies n’a en principe aucune difficulté à produire de résultats acceptables par toutes les parties. Compliqué, du fait du contexte guinéen. Il faut rappeler que c’est l’une des rares élections du monde moderne où le parti au pouvoir a crié à la fraude. Ce qui constitue une mise en scène politique sans précédent.
Il y a eu aussi la proclamation des résultats par la CENI alors même que certains PV étaient toujours avec la commission administrative de centralisation des votes.
Ainsi, le PRAC à qui on prête des velléités troisièmemandistes a senti le coup venir et il a déployé son bras droit en la personne de DAMARO pour aller négocier avec le KOTO NATIONAL afin de surseoir à la manif’ du 09. Ainsi dit, ainsi fait. A la sortie de la négociation, on a assisté devant les caméras de presque tous les médias guinéens à une scène de théâtre digne d’un dîner de cons. Face à l’incompréhension exposée au grand jour devant les médias, les parties se sont résignées à retourner dans la salle et continuer les négociations. C’est au sortir de ce second round que l’accord final.
Un accord.
Encore un ! Depuis l’arrivée au pouvoir du KORO PROFESSEUR, la Guinée a battu le record du nombre d’accords politiques mettant de côté la Constitution, le code électoral et les autres textes élaborés pour fluidifier l’arène politique et pour consolider notre jeune démocratie.
Au sortir de cet accord du 08/0/2018, nombreux sont les militants de l’UFDG qui ont crié victoire très tôt. Force est de constater que la ruse et le background politique du PROFESSEUR PRESIDENT étaient inimaginables pour les élèves politiques qui constituent l’opposition guinéenne. Le week-end qui a suivi la signature de l’accord, KORO himself a fait le tour de certains partis politiques qui avaient dénoncé la prise en otage du pays par le RPG et l’UFDG avec ces accords à répétitions. Il s’agit entre autres de l’UFR et de l’UPR. Il a profité de cette sortie pour nouer des alliances avec ces partis pour l’installation des conseillers communaux et des Maires. L’UFDG n’a rien vu venir ! Les conséquences de ces accords pour ce parti est donc d’avoir des Maires qui n’ont pas la majorité des conseillers et qui vont à coup sûr passer un mandat assis sur des strapontins. Les communes en question risquent d’être ingouvernables. Ce que la mouvance a donné d’une main, elle va le reprendre de l’autre.
Ce que je pense
Encore une fois, il faut tirer le chapeau au KORO NATIONAL. Il vient d’inscrire un but sur un retourné acrobatique style C. RONALDO (Juventus vs Real Madrid). Le KOTO NATIONAL n’arrive pas à comprendre que toutes les fois que ALADJI PROFESSEUR négocie, c’est qu’il a déjà pris une longueur d’avance sur d’autres dossiers. Il a l’art d’anticiper et de prévoir les issues. Il mène le jeu politique à sa guise comme un dresseur d’animaux de cirque. Son expression qualifiant ses opposants de nains politiques n’a jamais été aussi réaliste. Pendant ce temps-là, à l’UFDG, quand on va se rendre compte que les alliances que la mouvance va nouer avec les partis satellites vont provoquer sa perte même dans des communes déjà acquises, ils n’auront que leurs yeux pour pleurer. ALIFA 1 – CELLOU 0.
Rendez-vous au prochain épisode.